De aquis confusis

 

NALBANDIAN Frédérique , Médailles, détail, affiche de l’exposition.
© Adagp, Paris, 2016

Exposition en cours

Du 26/11/2016 au 13/03/2017

Frédérique Nalbandian au musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman vient ajouter la fluidité à la ligne claire de l’architecture de Rudy Ricciotti. Elle apporte l’élément liquide, la fragilité de la matière et la transparence des surfaces d’eau qui jouent avec l’horizon. Oscillant entre la gracilité de la ligne et la masse impressionnante de ses sculptures de savon, un jeu s’installe entre ces échanges de stabilité et de légèreté, entre pérennité et éphémère.

Il y a donc un dialogue de matières, auquel vient ici s’ajouter une imprégnation des sens. Sons des gouttes d’eau qui coulent sur le savon, qui entament cette chair presque humaine, qui se transforment en traces semblables à des projections d’univers. Frédérique Nalbandian installe ainsi, dans l’espace d’expositions temporaires, un monde de subtile observation de son environnement et une élégance très à la Cocteau dans la représentation, une manière d’apprivoiser les mots et les signes, une préciosité dans le choix des techniques.

Comme Rudy Ricciotti l’exprime en parlant de son architecture, baroque est également un adjectif que Frédérique Nalbandian revendique. Coulures du plâtre, fils plâtrés, colonnes torses qui répondent aux piliers d’ombres et de lumière du musée, mêlant savon et bronze, à partir d’empreintes de linges essorés, autant d’effets miroir dont elle joue en citant le poète maître des lieux.

Puis vient également la rose, qui, outre nous inspirer un subtil parfum à la seule évocation du mot, instaure un autre dialogue, issu du jardin de la Belle et la Bête.

Enfin, la poésie pour ces mots, inspirés de Jean Cocteau, gravés sur les trois contenances en verre soufflé, qui rythment leur ligne d’eau à la ligne d’horizon au loin, créant ainsi une image miroir.

Les eaux confuses sont-elles celles qui viennent se mêler au savon et procéder à un « toilettage », entre dérision et poétique ? La technicité des installations vient également s’immiscer et apporter à l’élément naturel, un outil humain. Le processus de métamorphose s’inspire de ces dispositifs qui mettent en place un « Work in progress ».

Les matières que Frédérique Nalbandian utilise depuis les débuts de son travail, le plâtre et le savon, continuent d’être le moteur de ses recherches et préoccupations artistiques. L’installation dans l’espace temporaire du musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman est une stricte application de ses recherches à un lieu hors du commun.