Le Parcours Muséographique

 
Affiche de l’exposition

D’après Philippe Halsman, Tableau vivant, Jean Cocteau et le danseur Leo Coleman, New York 1949 -
© ADAGP, Paris 2017

Démarche d’un poète, acte II

À partir du 18 novembre 2017

« Depuis l’enfance et les départs de ma mère et de mon père pour le théâtre, j’ai contracté le mal rouge et or », écrivait Jean Cocteau dans La Difficulté d’être.

Il fait référence aux décors des théâtres italiens tendus de tissu rouge et aux boiseries d’or. Ses souvenirs remontent à son enfance : Jean Cocteau, dès qu’il en a l’âge, accompagne ses parents au théâtre et à l’opéra. Il peut alors y admirer la grande tragédienne Sarah Bernhardt qui déclame dans toute sa grandiloquence. Son style et sa « voix d’or » marqueront le poète qui n’aura de cesse, à travers son œuvre théâtrale, de faire référence à ces « personnalités de grand format » qu’il nommera les « monstres sacrés ».

Ce nouvel accrochage au musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman est l’occasion d’un hommage plus appuyé à Pierre Bergé, ami et soutien de toujours de Jean Cocteau, qui a su depuis sa disparition entretenir le souvenir et l’image intacte de l’artiste. Les textes accompagnant le parcours seront émaillés d’extraits de sa biographie.

Des nombreuses mises en scène de La Voix Humaine depuis les années 1960 au succès des Parents terribles à Broadway dans les années 1990, les pièces de Jean Cocteau ont été et resteront des textes incontournables de l’univers théâtral. L’Acte II, suite de l’exposition « Démarche d’un poète » présentée en 2016/2017, s’attache plus particulièrement aux liens étroits que le poète entretint avec le théâtre, lui qui fut à la fois écrivain, acteur, décorateur, costumier et metteur en scène.

Le théâtre, et plus particulièrement la scène, sont envisagés comme le lieu de rencontre entre le poète et son public, mais aussi comme une participation et une collaboration actives avec le milieu artistique de son époque.

Cinq séquences mettent en scène ce pan essentiel du travail de Jean Cocteau et permettent aux visiteurs d’envisager, par le biais des œuvres elles-mêmes, l’étendue de ses collaborations artistiques :
Les monstres sacrés
Farce et sur-réalisme
Retendre la peau des mythes
Les nouveaux monstres sacrés
Le cinéma de théâtre

Séquence 1

Les monstres sacrés

Cette année, un large hommage est rendu à Sarah Bernhardt, particulièrement dans l’exposition du musée du Bastion qui présente un choix d’œuvres tirées de l’important fonds « Sarah Bernhardt » de la collection Séverin Wunderman. Dès sa prime jeunesse, Jean Cocteau voue une admiration sans borne aux grands tragédiens qu’il voit jouer sur scène : « Notre jeunesse, folle de théâtre, fut dominée par deux grandes figures : Sarah Bernhardt, Édouard de Max. » Ces deux icônes de la scène, personnifications d’un style (...)

Séquence 2

Farce et sur-réalisme

Parade ou la naissance du « sur-réalisme »
Parade marque un tournant dans l’histoire du ballet, ainsi que dans la création de Jean Cocteau. Accompagné de Picasso pour le décor et les costumes, Satie pour la musique et Massine pour la chorégraphie, il compose un « ballet réaliste » joué pour la première fois en mai 1917 au Théâtre du Châtelet. Le scandale est complet et l’assistance révoltée. En sortant, Cocteau écoute un spectateur : « Si j’avais su que c’était si bête, j’aurais amené les enfants… » (...)

Séquence 3

« Retendre la peau des mythes » : la tragédie revisitée

Depuis le début des années 1920, Cocteau poursuit l’idée de renouveler le genre théâtral. S’inspirant des grands mythes de l’Antiquité et de la tragédie grecque, il est à l’origine avec quelques autres, comme Copeau, Dallou, Jouvet, Pitoëf, d’un théâtre moderne qui s’éloigne du théâtre classique et surtout s’oppose au théâtre de boulevard alors en vogue.
Les Chevaliers de la Table Ronde ou les avatars de l’amour et du miroir aux alouettes
Avec Les Chevaliers de la Table Ronde, Cocteau inaugure un cycle (...)

Séquence 4

Les nouveaux monstres sacrés

L’expression « monstre sacré » s’applique d’abord aux grands tragédiens de la jeunesse de Cocteau, mais il est tout autant fasciné par des artistes de son temps, pour lesquels il écrit.
La Voix humaine — Berthe Bovy
Cocteau confie à l’actrice Berthe Bovy, dont la carrière a été lancée par Sarah Bernhardt et aux côtés de laquelle elle a joué dans La Dame aux Camélias, le rôle unique de sa pièce La Voix humaine. Cette œuvre est marquée par la rencontre décisive avec celui qui deviendra son directeur artistique (...)

Séquence 5

Le cinéma de théâtre

« Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours écrit du dessin et dessiné de l’écriture. Il était normal que je m’exprimasse par l’entremise du film, puisqu’il est le type du mariage de ces deux alternatives. On y parle avec une image et l’image parle. » Jean Cocteau dans Cinémonde n° 1000, 1953
En 1946, Jean Cocteau tourne La Belle et la Bête et en 1947, il reprend sa pièce L’Aigle à deux têtes pour en faire un film. Jean Marais fait ses débuts au cinéma et connaît la célébrité rapidement. Le film (...)